Abécédaire en langue arménienne



Documents délivrés à madame Ebraxie Arvaniguian


Le Sud de la France est depuis toujours une terre d’asile pour de nombreuses populations, chassées par les événements qui jalonnent l’Histoire. Parmi eux, les Kurdes et les Arméniens.

Kurde

Le kurde est une langue indo-européenne du groupe irano-aryen, comme le persan. Il s’est d’abord écrit dans l’alphabet arabe (dans sa version perse, toujours utilisée au Kurdistan irakien) puis, depuis les années 1920 en alphabet latin selon une orthographe proche de celle du turc. Dans les années 1940 en Arménie, le kurde s’est également écrit en alphabet cyrillique.
Le kurde est parlé par environ 30 millions de personnes dans le monde, notamment en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran, mais il est largement minoritaire dans tous ces pays. Son enseignement est interdit en Turquie et en Syrie et sa pratique même l’était jusqu’en 1991 en Turquie.
L’instabilité politique dans la région et la répression de la culture kurde ont poussé de nombreux Kurdes à émigrer. Ils seraient environ 150 000 en France, en majorité originaires de Turquie. C’est d’ailleurs la diaspora kurde qui joue un rôle majeur dans la préservation de la langue kurde, en donnant un nouvel essor à la langue écrite, à la littérature et à la musique kurde, interdites ou minorées sur ses terres d’origine.

Arménien

L’arménien est un rameau isolé au sein des langues indo-européennes. Au fil de l’histoire, il a emprunté du vocabulaire au perse, au turc et au russe notamment, mais reste proche de la langue parlée au Ve siècle.
On distingue deux variantes : l’arménien occidental, basé sur le dialecte de Constantinople et dont le génocide de 1915 a fait la langue principale de la diaspora arménienne, et l’arménien oriental, basé sur le dialecte d’Ararat et langue officielle de la République d’Arménie.
L’arménien s’écrit avec un alphabet particulier composé de 38 lettres selon un principe rigoureusement phonétique.
Il y aurait aujourd’hui environ 400 000 Français d’origine arménienne dont 150 à 200 000 comprendraient l’arménien, notamment en Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence, dont 80 000 à Marseille. Présents dès le Moyen-Age à travers des échanges commerciaux avec le Levant, la plupart des Arméniens sont cependant arrivés après le génocide turc de 1915. Plus de 40 % des 60 000 réfugiés qui arrivent entre 1922 et 1927 restent à Marseille. C’est à Marseille que se situe Hamaskaïne, la plus importante école bilingue français/arménien de France. La langue est encore pratiquée au sein des familles et au cours d’activités culturelles même si beaucoup, notamment parmi les jeunes générations, connaissent et comprennent la langue sans pouvoir vraiment la parler.

QWX
QWX, c’est le nom du groupe où joue Bayram Varsak, jeune homme kurde arrivé depuis 10 ans à Marseille, mais ce sont aussi les trois lettres de l’alphabet kurde qui n’existent pas dans l’alphabet turc.


Bibliographie +