Marseillaise d’origine comorienne.
© Jean-Pierre Vallorani



Enfants à Marseille.
© Jean-Pierre Vallorani


Le comorien (ou shiKomori ; le préfixe shi- signifie « langue ») est une langue du groupe bantou, proche du swahili avec un vocabulaire fortement influencé par l’arabe mais également par le portugais, l’anglais et le français. Le comorien peut s’écrire avec l’alphabet arabe ou l’alphabet latin.

On distingue quatre dialectes principaux, correspondant aux quatre îles de l’archipel des Comores dans l’Océan Indien : le grand-comorien (shiNgazidja), le mohélien (shiMwali), l’anjouanais (shiNdzwani) et le mahorais (shiMaore, qui est une « langue de France » puisque l’île de Mayotte est demeurée française quand le reste de l’archipel a choisi l’indépendance en 1974). Ces quatre dialectes sont intercompréhensibles.

L’immigration comorienne en Provence est l’une des plus récentes, puisque la première vague remonte aux années 1990. Il y aurait plus de 80 000 personnes d’origine comorienne à Marseille, soit 10 % de la population. Marseille est ainsi une véritable « capitale des Comores », avec des personnalités emblématiques d’origine comorienne comme les joueurs de l’OM Hamada Jambay et Kassim Abdallah, le célèbre chanteur des Psy 4 de la Rime, Soprano, l’écrivain Salim Hatubou, décédé en 2015, et bien sûr le jeune Ibrahim Ali, assassiné en 1995 par des colleurs d’affiche du Front national.


Mots

Nkodo signifie « guerre » dans la langue shiKomori. Ce sens s’est atténué pour signifier aujourd’hui « chaos » ou « désespérance » : à Marseille, des enfants de toutes couleurs ou cultures comme une interjection, pour marquer leur étonnement : « Nkodo ! Elle est trop bien cette exposition ! ».
Des jeunes utilisent aussi le mot ndjema qui signifie « bon », « beau » ou « bien ».

Avec l’accent
Saoudat Mohamed Mze est arrivée des Comores à Marseille en 2008. Elle tente de transmettre sa langue maternelle à ses enfants et aux jeunes comoriens nés en France.

Références

  • Damir Ben Ali et Mohamed Elhad, « Place et prestige du swahili dans les îles Comores », Ya Nkobe n° 1, p. 12-16 (1984)
  • Henri Bouvet, « Éducation et formation aux Comores », Études Océan Indien, n° 5, éd. INALCO, Paris (1985)
  • Michel Lafon, « Situation linguistique de la Grande Comore, essai de définition du statut de l’arabe », Matériaux arabes et sud-arabiques p. 95-119 (1988-89)
  • Michel Lafon et Jean-Luc Sibertin-Blanc, Langues et contacts de langues dans l’archipel des Comores, Oaris, éd. INALCO, Paris (1975)
  • John M. Mugane, Linguistic Typology and Representation of African Languages, éd. Africa World Press, Trenton, New Jersey
  • Marie-Françoise Rombi (éd.), Études sur le bantu oriental, langues des Comores, de Tanzanie, de Somalie et du Kenya, éd. SELAF, Paris (1982) (ISBN 2-85297-144-5)
  • Ali Saleh, « Le swahili, langue véhiculaire de l’Afrique Orientale et des Comores », Revue Française d’Études Politiques Africaines, n° 70, p. 82-94 (1971)