Affiche pour les cours d’arabe au lycée Thiers de Marseille (1808, © lycée Thiers)
© lycée Thiers



Amoureux épuisé par l’exil, poème écrit à la main par Nidal Shinawi (2014)


L’arabe est une langue sémitique (comme l’hébreu) originaire de la péninsule arabique. Langue du Coran, elle s’est répandue au Proche et Moyen-Orient, en Afrique et en Europe du Sud par l’expansion territoriale arabe et musulmane au Moyen-Âge. Une de ces caractéristiques est la diglossie : on distingue un arable littéraire (arabe coranique et arabe standard moderne) utilisé en contexte formel et une langue vernaculaire parlée au quotidien qui comprend toute une variété de dialectes régionaux. Ainsi, les pays de la Ligue arabe ont tous l’arabe littéraire comme langue commune mais, d’un pays à l’autre, les locuteurs peuvent ne pas se comprendre lorsqu’ils utilisent leur langue vernaculaire.

La présence de l’arabe en Provence remonte au Moyen-Âge, lorsque commerçants et voyageurs arabophones passaient par les ports, notamment Marseille. Ainsi, la lingua franca ou sabir était un parler composite utilisé dans tous les ports méditerranéens et il comprenait des mots arabes. Au XIXe siècle, le Lycée impérial (futur Lycée Thiers) de Marseille est réputé pour ses cours d’arabe.

Aujourd’hui, l’arabe parlé en Provence est en majorité l’arabe maghrébin (c’est la deuxième langue parlée en France) : dialectes d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. La pratique de l’arabe en France est d’abord associée aux travailleurs immigrés venus de ces pays, notamment dans les années 1960, mais elle concerne également les Juifs sépharades, les Harkis ou les Pieds-Noirs. Au delà de l’immigration, nombreux sont les Provençaux qui reçoivent la langue arabe de leurs parents ou grands-parents. L’arabe maghrébin est une langue que l’on peut entendre au quotidien dans de nombreuses villes de Provence.


Mots

Au Moyen-Age, le français a emprunté de nombreux mots arabes, notamment dans les domaines des sciences, du commerce et de la civilisation en général. Ces emprunts sont souvent arrivés en français à travers des langues-relais : par le latin médiéval ambre, safran, sirop, algèbre, camphre, alcool  ; par l’italien sucre, douane, arsenal, chiffre, zéro, jasmin (lui-même préalablement pris au persan) ; par l’occitan orange, luth, rebec, jarre, laque, limon (tous deux d’origine persane) ; par l’espagnol genêt, guitare, satin (pris au chinois), timbale (au persan), et abricot.

Mais des expressions arabes sont également aujourd’hui répandues dans toute la France : chouf, zarmamiskin

C’est tellement beau
Nidal Shinawi, palestinien, né à Nazareth (Israël), vit dans les Alpes de Haute-Provence. Il enseigne l’arabe, et, par des moments de lectures de poésie, il fait connaître en France la beauté de l’arabe littéraire.

Références

  • Ferrando, I. (2001), Introducción a la historia de la lengua árabe : nuevas perspectivas, Zaragoza, Portico Librerias.
  • Kouloughli, D.E. (2007), L’arabe, Paris, « Que sais-je ? », Presses Universitaires de France.
  • Témime, E. « La culture maghrébine en France, à Marseille : entre le visible et l’invisible, entre l’acceptation et le refoulement », Museum International (Edition Francaise), Volume 59, Issue 1-2, pages 18–23, May 2007

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